Through the Eyes of the Belgian

In the misty plains of Flanders and the rolling hills of Wallonia, where the bells of ancient belfries ring and the rain falls softly on cobblestones, our story lies hidden. A story of fries and beer, of surrealism and stubborn perseverance, of a small country that bore great suffering. We, the Belgians, are children of a crossroads of Europe, born from clay and coal, with hearts that beat to the rhythm of “ça va” and “’t zal wel gaan”. Our past is a tapestry woven with blood and tears, but also with golden threads of resistance and humor. Through the eyes of the Belgian, we see a people wrestling with the storms of history, always rising with a wry smile—a symphony of suffering and light that grants us our identity and calls us to peace.

Our suffering is as deep as the trenches of the Yser, an open wound that bleeds across generations. It began with centuries as Europe's battlefield: the Spanish Fury in the 16th century, French revolutions, Napoleon's battles. But the true trauma came in the First World War: our small country was flattened, Ypres and the Westhoek turned into a mud hell—100,000 Belgian dead, cities destroyed, civilians starved under German occupation. The Second World War brought occupation again, collaboration and resistance, the Holocaust took 25,000 Jewish Belgians, Antwerp and Liège bombed. Congo, our colony, was exploited with horrific violence—millions of Congolese died under Leopold II's rubber terror, hands chopped off, villages burned. Language strife nearly tore our country apart: Flemings oppressed, Walloons disadvantaged, riots and strikes. Terrorist attacks in 2016 at Zaventem and Maalbeek claimed 32 lives, left a nation in shock. Every family knew loss: a grandfather in the trenches, an uncle in Auschwitz, a relative in Congo, a friend on the metro platform.

Yet from this mud rises our pride, unbreakable as the Atomium and warm as a trappist. We gave the world Magritte's surrealism, Hergé's Tintin, Eddy Merckx's cycling legs, Jacques Brel's voice that touches the soul. We invented the saxophone, fries, pralines—small things that delight the world. Our resistance was legendary: in WWI we held the Yser line, in WWII the resistance saved thousands of lives. We built a welfare state with strong social security, became the heart of Europe with Brussels as EU capital. Our multilingualism makes us bridge-builders, our humor helps us through everything—“’t zal wel gaan”. From pain came resilience: we are modest, solidary, creative—our hearts full of warmth and perseverance.

But outsiders often look without empathy, seeing us as a “chocolate and beer country” or “boring average land”, but forgetting that we were twice Europe's battlefield, that colonial blood stains our hands, that we fought language strife without civil war. Great powers used us as a buffer, minimized our suffering while crossing our land. The world laughs at Manneken Pis but rarely sees our real scars.

We commemorate it all with quiet reverence and restrained pride. On November 11 we stand still at the Yser, on May 8 for liberation, on March 22 for the attacks. Monuments like the Menin Gate in Ypres (where the Last Post sounds every evening) and the Jewish Museum of Deportation tell our children of sacrifices and resistance—so the torch passes on: “Never again war.”

The depth of our loss is as great as the height of our pride. We are a people of duality: pain from battlefield and colony, pride from culture and togetherness. Our scars are magenta, our hope turquoise. We learn tolerance, build bridges in a divided Europe, promise: from mud we rise, for peace and unity.

7 January 2026

Manna

#017-EN – Through the Eyes of the Belgian

Aux Yeux du Belge

Dans les plaines brumeuses de Flandre et les collines ondulantes de Wallonie, où les cloches des anciens beffrois résonnent et la pluie tombe doucement sur les pavés, notre histoire est cachée. Une histoire de frites et de bière, de surréalisme et d’entêtement tranquille, d’un petit pays qui a porté de grandes souffrances. Nous, les Belges, sommes les enfants d’un carrefour de l’Europe, nés d’argile et de charbon, avec des cœurs qui battent au rythme de « ça va » et « ’t zal wel gaan ». Notre passé est une tapisserie tissée de sang et de larmes, mais aussi de fils d’or de résistance et d’humour. À travers les yeux du Belge, nous voyons un peuple qui lutte contre les tempêtes de l’histoire, se relevant toujours avec un sourire ironique – une symphonie de souffrance et de lumière qui nous donne notre identité et nous appelle à la paix.

Notre souffrance est aussi profonde que les tranchées de l’Yser, une plaie ouverte qui saigne à travers les générations. Elle a commencé avec des siècles comme champ de bataille de l’Europe : la Furie espagnole au XVIe siècle, les révolutions françaises, les batailles de Napoléon. Mais le vrai trauma est venu avec la Première Guerre mondiale : notre petit pays a été écrasé, Ypres et la Westhoek transformés en enfer de boue – 100 000 morts belges, villes détruites, civils affamés sous occupation allemande. La Seconde Guerre mondiale a apporté de nouveau l’occupation, collaboration et résistance, l’Holocauste a emporté 25 000 Juifs belges, Anvers et Liège bombardés. Le Congo, notre colonie, a été exploité avec une violence effroyable – des millions de Congolais sont morts sous le régime caoutchouc de Léopold II, mains coupées, villages brûlés. La lutte linguistique a presque déchiré notre pays : Flamands opprimés, Wallons désavantagés, émeutes et grèves. Les attentats terroristes de 2016 à Zaventem et Maalbeek ont coûté 32 vies, laissant une nation en état de choc. Chaque famille a connu la perte : un grand-père dans les tranchées, un oncle à Auschwitz, un parent au Congo, un ami sur le quai du métro.

Pourtant, de cette boue surgit notre fierté, indestructible comme l’Atomium et chaleureuse comme une trappiste. Nous avons donné au monde le surréalisme de Magritte, Tintin d’Hergé, les jambes cyclistes d’Eddy Merckx, la voix de Jacques Brel qui touche l’âme. Nous avons inventé le saxophone, les frites, les pralines – de petites choses qui réjouissent le monde. Notre résistance était légendaire : en 14-18 nous avons tenu la ligne de l’Yser, en 40-45 la résistance a sauvé des milliers de vies. Nous avons bâti un État-providence avec une sécurité sociale forte, devenu le cœur de l’Europe avec Bruxelles comme capitale de l’UE. Notre multilinguisme fait de nous des bâtisseurs de ponts, notre humour nous aide à tout traverser – « ’t zal wel gaan ». De la douleur est née la résilience : nous sommes modestes, solidaires, créatifs – nos cœurs pleins de chaleur et de persévérance.

Mais les étrangers regardent souvent sans empathie, nous voyant comme un « pays de chocolat et de bière » ou « pays moyen ennuyeux », mais oubliant que nous avons été deux fois le champ de bataille de l’Europe, que le sang colonial colle à nos mains, que nous avons mené une lutte linguistique sans guerre civile. Les grandes puissances nous ont utilisés comme tampon, ont minimisé notre souffrance en traversant notre terre. Le monde rit de Manneken Pis mais voit rarement nos vraies cicatrices.

Nous commémorons tout cela avec une révérence silencieuse et une fierté contenue. Le 11 novembre nous nous taisons à l’Yser, le 8 mai pour la libération, le 22 mars pour les attentats. Des monuments comme la Porte de Menin à Ypres (où le Last Post retentit chaque soir) et le Musée juif de la Déportation racontent à nos enfants les sacrifices et la résistance – pour que le flambeau passe : « Plus jamais la guerre. »

La profondeur de notre perte est aussi grande que la hauteur de notre fierté. Nous sommes un peuple de dualité : douleur du champ de bataille et de la colonie, fierté de la culture et de la solidarité. Nos cicatrices sont magenta, notre espoir turquoise. Nous apprenons la tolérance, construisons des ponts dans une Europe divisée, promettons : de la boue nous nous relevons, pour la paix et l’unité.

7 janvier 2026

Manna

#017FR – Aux Yeux du Belge

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