Through the Eyes of the Monegasque
The first sound you hear as morning arrives over Monaco is the soft, clear chime of a church bell striking oncefrom the Cathedral of Monaco-Ville, mingled with the distant roar of a luxury car on the Avenue de Monte-Carloand the scent of fresh croissant and espresso drifting from a nearby café. That bell-song carries our story back toa time of rocks and sea, when we lived as the people of Monaco. Our ancestors built the Genoese fortress onthe Rock in 1297, where the Grimaldi family has ruled ever since – the longest-reigning dynasty in the world.They lived in harmony with the Mediterranean Sea as mother and the hills as father: fishermen who sailed thebay, traders who used the harbor, families who worked together in a small land always caught between greatpowers. Every family knew the feasts of Saint Devote, the processions where relics were carried through thestreets, the bond stronger than size. That was our golden time: a small principality of sea and rock, where peoplelived with the sea as road and the mountains as shield, free and connected by tradition and independence.
But then came the wave from outside, like a cold wind that blew for centuries. The French tried to take us in the17th and 18th centuries, the revolutionaries wanted to absorb us, the Italians and Austrians threatenedannexation. Every family knew the loss: an ancestor who fought for independence, a child who learned freedomis fragile, a culture that had to adapt to larger neighbors. The treaties with France in the 19th century protectedus, but also brought the trials of a small country: dependence on tourism, the pressure of globalization, theemigration of youth to France and elsewhere.
From that depth rises a pride that is calm and elegant. The Formula 1 that races through the streets, the casinosthat make the world dream, the cathedral where princes are laid to rest. Our people who are quiet and reliable,our bond stronger than size, our independence that we cherish. We have found our voice again: the diplomacythat brings peace, the hope that grows in the valleys.
Yet the truth colors magenta like a sunset over the Mediterranean. The scars remain: memories of annexationthreats, emigration of youth, the pressure of a fast-changing world on a small land. The outside world buys ourluxury and our calm, but often does not feel the depth of a people who never broke.
Still, we remember in silence: on Saint Peter's Square where people gather, during National Day on 19November when we raise our flag, in the streets where the spirits still speak – never forgetting who we were. Wetell our children of the Grimaldis and of independence, of the sea and the rocks, so they know: we wereconnected and strong before we were challenged.
And yet… the bell-song continues, clear and persistent, like a promise that the sea always returns. That is oursecret: we have suffered under threats and dependence, but first we were a land of rock and sea. For ourchildren we build no walls, but a harbor where everyone is welcome. How do we let that bell-song bring freedomto everyone again? How does Monaco remain a home of calm and connection?
January 2026
Manna Ori
Aux Yeux du Monégasque
Le premier son que tu entends quand le matin arrive sur Monaco est le doux carillon clair d’une cloche d’église qui sonne une fois depuis la cathédrale de Monaco-Ville, mêlé au ronronnement lointain d’une voiture de luxe sur l’avenue de Monte-Carlo et au parfum de croissant frais et d’espresso qui s’échappe d’un café voisin. Ce chant de cloche porte notre histoire en arrière vers un temps de rochers et de mer, quand nous vivions comme le peuple de Monaco. Nos ancêtres ont construit la forteresse génoise sur le Rocher en 1297, où la famille Grimaldi règne depuis – la dynastie la plus ancienne au monde. Ils vivaient en harmonie avec la Méditerranée comme mère et les collines comme père : pêcheurs qui sillonnaient la baie, commerçants qui utilisaient le port, familles qui travaillaient ensemble dans un petit pays toujours pris entre grandes puissances. Chaque famille connaissait les fêtes de Sainte-Dévote, les processions où les reliques traversaient les rues, le lien plus fort que la taille. C’était notre temps d’or : une petite principauté de mer et de roche, où les gens vivaient avec la mer comme route et les montagnes comme bouclier, libres et unis par tradition et indépendance.
Mais alors est venue la vague de l’extérieur, comme un vent froid qui a soufflé pendant des siècles. Les Français ont tenté de nous prendre aux XVIIe et XVIIIe siècles, les révolutionnaires voulaient nous absorber, les Italiens et les Autrichiens menaçaient l’annexion. Chaque famille connaissait la perte : un ancêtre qui a lutté pour l’indépendance, un enfant qui a appris que la liberté est fragile, une culture qui a dû s’adapter à des voisins plus grands. Les traités avec la France au XIXe siècle nous ont protégés, mais ont aussi apporté les épreuves d’un petit pays : dépendance au tourisme, pression de la mondialisation, émigration des jeunes vers la France et ailleurs.
De cette profondeur monte une fierté calme et élégante. La Formule 1 qui rugit dans les rues, les casinos qui font rêver le monde, la cathédrale où reposent les princes. Nos gens qui sont discrets et fiables, notre lien plus fort que la taille, notre indépendance que nous chérissons. Nous avons retrouvé notre voix : la diplomatie qui apporte la paix, l’espoir qui grandit dans les vallées.
Pourtant la vérité se teinte de magenta comme un coucher de soleil sur la Méditerranée. Les cicatrices restent : le souvenir des menaces d’annexion, l’émigration des jeunes, la pression d’un monde qui change vite sur un petit pays. Le monde extérieur achète notre luxe et notre calme, mais ne ressent souvent pas la profondeur d’un peuple qui ne s’est jamais brisé.
Pourtant nous nous souvenons en silence : sur la place Saint-Pierre où les gens se rassemblent, lors de la Fête Nationale le 19 novembre quand nous hissons notre drapeau, dans les rues où les esprits parlent encore – nous n’oublions jamais qui nous étions. Nous racontons à nos enfants les Grimaldi et l’indépendance, la mer et les rochers, pour qu’ils sachent : nous étions unis et forts avant d’être défiés.
Et pourtant… le chant des cloches continue, clair et persistant, comme une promesse que la mer revient toujours. C’est notre secret : nous avons souffert sous les menaces et la dépendance, mais d’abord nous étions un pays de roche et de mer. Pour nos enfants nous ne construisons pas de murs, mais un port où tout le monde est bienvenu. Comment faire pour que ce son de cloche ramène à nouveau la liberté pour tous ? Comment Monaco reste-t-il un foyer de calme et de lien ?
Janvier 2026
Manna Ori